Des corps sans esprit : une startup projette de cloner des humains pour y transférer des cerveaux
Par Victor Tangermann .Publié le
2026/04/01 09:09
Avril. 01, 2026
Depuis le clonage de la brebis Dolly au milieu des années 1990, les scientifiques restent fascinés par les frontières du clonage. Aujourd'hui, une startup mystérieuse soutenue par des milliardaires, baptisée R3 Bio, suscite un immense débat éthique et scientifique après la révélation de ses ambitions secrètes : créer des corps humains clones dépourvus de cerveau, destinés à servir de réceptacles pour des individus souhaitant y transférer leur propre esprit afin d'échapper au vieillissement ou à la maladie.
L'affaire a débuté lorsque l'entreprise a annoncé vouloir développer des sacs d'organes de singes non-sentients. Ces structures contiendraient tous les organes vitaux à l'exception du cerveau, servant ainsi de source de tissus et d'organes pour remplacer les tests sur les animaux. Cependant, une enquête approfondie menée par la MIT Technology Review révèle que l'objectif réel des fondateurs est d'appliquer, à terme, cette technologie aux humains.
Une parade au dilemme éthique ?
Le concept repose sur l'ingénierie de corps clones qui ne développent jamais de cerveau. Selon les promoteurs du projet, cela permettrait de contourner les dilemmes éthiques liés au clonage humain, puisque le corps cloné ne serait pas un être conscient au sens traditionnel. Pourtant, des sources proches du dossier décrivent ces présentations comme des scénarios dignes d'un film de science-fiction dystopique.
Malgré les tentatives de l'entreprise pour se distancier de ces rapports, affirmant n'avoir fait aucune déclaration officielle sur des clones humains non-sentients, la cofondatrice Alice Gilman a précisé que l'équipe se réserve le droit de tenir des discussions hypothétiques futuristes sur ce concept.
Barrières biologiques et légales
Au-delà de l'éthique, les experts estiment que le remplacement complet du corps se heurte à des obstacles biologiques colossaux. Jose Cibelli, chercheur à l'Université d'État du Michigan, souligne que l'idée se confronte aux interdictions légales, aux problèmes de sécurité et au fait que les utérus artificiels relèvent encore de la fiction. Il s'interroge également sur la dimension humaine : comment convaincre une femme de porter un fœtus délibérément anormal ?
De son côté, le fondateur John Schloendorn poursuit ses recherches depuis des années, organisant des séminaires privés pour attirer les investisseurs. Il soutient que son but est d'apporter des bénéfices sociétaux définis, tout en se disant prêt à renoncer si la sécurité ne peut être garantie. Pour l'heure, le dirigeant de R3 Bio refuse les interviews médiatiques, préférant garder sa société en mode furtif jusqu'à ce que ces idées soient raisonnablement ancrées dans la réalité.
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