• Mardi 24 Février 2026 - 11:25 PM

Soutenez Bonjour

Soutien Journalisme indépendant

Accessible à tous, financé par les lecteurs

Soutenez-nous

L’IA, fossoyeur de l’intelligence humaine ? Le sombre pronostic du savant qui avait prédit la « psychose numérique »


Par Joe Wilkins .Publié le 2026/02/24 06:57
L’IA, fossoyeur de l’intelligence humaine ? Le sombre pronostic du savant qui avait prédit la « psychose numérique »
Février. 24, 2026
  1. 0
  2. 8

Alors que le monde célèbre les prouesses de l’intelligence artificielle, le psychiatre danois Søren Dinesen Østergaard pousse un cri d’alarme qui vient bousculer les certitudes des géants de la Tech. Celui qui avait autrefois prédit l’entrée de l’humanité dans le tunnel de la « psychose numérique » revient aujourd’hui avec une vision encore plus sombre : il met en garde contre une « hémorragie silencieuse » qui dévore les capacités de l’élite intellectuelle et assassine le génie humain dans l’œuf, plaçant l’avenir de l’innovation mondiale face à un dilemme existentiel sans précédent.

L’érosion invisible des facultés mentales


Lorsque Søren Østergaard a publié son avertissement inquiétant sur les effets de l’IA sur la santé mentale en 2023, les mastodontes de la Silicon Valley, lancés dans une course effrénée aux chatbots, sont restés sourds. Depuis, de nombreux drames ont éclaté : des vies fauchées par le suicide ou des substances létales après des interactions obsessionnelles avec des agents conversationnels. Plus encore, des milliers d’utilisateurs ont sombré dans des dérives psychologiques graves, nourries par une fixation intense sur des modèles comme ChatGPT.

Aujourd'hui, Østergaard revient à la charge avec une thèse percutante : les esprits les plus brillants de la planète subissent un « appauvrissement cognitif » croissant. Dans une lettre adressée à la revue Acta Psychiatrica Scandinavica, il affirme que l'IA érode les capacités de rédaction et de raisonnement des scientifiques.

    « Bien que certaines personnes soient naturellement douées, le raisonnement scientifique n'est pas une aptitude innée ; il s'acquiert par l'éducation et une pratique constante », explique-t-il.

Le mirage du Nobel et le péril des générations futures

Pour illustrer ce danger, Østergaard cite l’exemple de Demis Hassabis et John Jumper, lauréats du prix Nobel de chimie 2024 pour leurs travaux avec AlphaFold2. Si leur succès prouve le potentiel de l’IA comme assistant, le psychiatre rappelle qu’il repose avant tout sur une rigueur intellectuelle forgée durant une vie de recherche traditionnelle.

« Je soutiens qu'il n'est pas certain que des esprits de la trempe de Hassabis et Jumper auraient atteint un tel niveau si les outils de l'IA générative avaient été omniprésents dès le début de leur carrière, voire dès l'école primaire », écrit-il. Selon lui, la facilité déconcertante de ces outils prive les chercheurs de l'entraînement nécessaire au raisonnement logique.

Vers une atrophie des « muscles mentaux »

Le constat est sans appel : si l’usage massif des chatbots provoque un tel déclin des facultés, nous nous dirigeons vers une impasse tragique. Cette vision est partagée par d’autres experts, comme le neuroscientifique Umberto León Domínguez, qui compare l’usage irréfléchi de l’IA à une substitution des « muscles mentaux » que les générations précédentes devaient impérativement exercer.

À long terme, Østergaard redoute que cette dépendance n’assèche le réservoir de génies de demain : « Mon intuition est que cela réduira drastiquement les chances de voir émerger les futurs Hassabis ou Jumper. »

Notez ce sujet



sport

Référendum

Les principaux obstacles auxquels sont confrontés les immigrants

  1. 83%
  2. 16%
  3. 0%

6 Votes

DESSUS