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La lecture avec l’intelligence artificielle déclenche une vague de moqueries


Par Frank Landimor .Publié le 2026/08/16 15:38
La lecture avec l’intelligence artificielle déclenche une vague de moqueries
Août. 16, 2026
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Les choses ne semblent pas aller très bien dans le secteur de ce que l’on appelle le quatrième pouvoir. Mardi, le directeur du site « Axios » a publié un article qui a suscité une large polémique après avoir reconnu qu’il dépend désormais entièrement de l’intelligence artificielle pour lire des livres à sa place, renonçant ainsi à tout effort intellectuel personnel.

Nicholas Johnston, qui a auparavant occupé le poste de rédacteur en chef du site d’information, a commencé son article par cette phrase : « L’IA est devenue ma compagne de lecture. »

Selon Johnston, la lecture traditionnelle d’un livre « facilite la perte du fil de l’histoire ». Il a pris pour exemple le classique de James Fenimore Cooper, publié en 1826, « Le Dernier des Mohicans », estimant que le roman était trop « dense » pour être lu comme une « lecture ordinaire pendant les vacances ».

Pour contourner cette difficulté, il a donné au chatbot l’instruction suivante : « Je voudrais un guide pendant ma lecture du Dernier des Mohicans qui m’aide à comprendre ce que j’ai lu et où en est l’histoire, sans me révéler les événements à venir ni anticiper ma progression. Peux-tu faire cela chapitre par chapitre ? »

Johnston a indiqué que le chatbot avait immédiatement accepté, sans même percevoir que ce comportement constituait un exemple particulièrement flagrant de « flatterie programmée », caractéristique de ces systèmes. Il a finalement obtenu un résumé continu lui permettant d’éclaircir les passages qui lui semblaient confus.

Une vaste vague de moqueries

Cet aveu a suscité de nombreuses interrogations sur l’obsession des dirigeants pour les nouvelles technologies et sur la question de savoir si un classique étudié à l’école peut réellement être aussi difficile à comprendre. Des observateurs ont également critiqué le contenu de l’article, estimant qu’il n’apportait aucune idée originale, mais se contentait de répéter ce que les utilisateurs ordinaires font depuis l’apparition de ces technologies.

L’article a été accueilli sur Internet par une vague de moqueries acerbes. Un utilisateur de la plateforme « Bluesky » a commenté avec une ironie mordante : « Un auteur d’Axios : j’ai fait fondre mon cerveau avec l’intelligence artificielle. Non seulement je ne suis plus capable de lire, mais je ne comprends même plus à quoi sert la lecture. »

L’avis des universitaires et des spécialistes

L’article a suscité des critiques encore plus profondes et sévères de la part d’expertes dans les domaines de l’écriture et de la formation universitaire. Parmi elles, Jane Rosenzweig, écrivaine et ancienne directrice du Writing Center du Harvard College, a déclaré : « Ce type de “lecture” est différent de ce que beaucoup d’entre nous entendons par lire. Il s’agit davantage d’optimiser et de contrôler un livre que de l’expérimenter et de se confronter à lui. Nous observons la même chose avec l’intelligence artificielle et l’écriture. »

Les critiques ont également souligné le paradoxe du choix d’un roman classique disponible gratuitement sur Internet et accompagné de guides d’étude fiables et dont le contenu est vérifié, alors que le recours à l’intelligence artificielle peut produire des erreurs, ce que Johnston reconnaît lui-même.

Malgré cela, Johnston a conclu son article par ce qu’il a appelé un « conseil de professionnel » : il serait possible d’introduire le livre dans son intégralité dans un modèle d’intelligence artificielle afin d’accroître la précision de ses réponses.

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